Le marché aux poissons de Tsukiji

Comme chacun sait, au Japon , le poisson figure en bonne place parmi les aliments de base.  Pour alimenter toute la population de Tokyo et alentours, friande des produit de la mer, le marché de Tsukiji permet de faire passer le poisson des cales du bateau à l’étale du poissonnier. Il s’agit du plus gros marché aux poissons du monde.

En plus de fonctionner à plein régime, le marché accueille les touristes curieux parmi lesquels nous nous sommes fondus. Apparemment, seulement 120 personnes peuvent faire la visite, celle-ci est gratuite. Nous ne sommes pas sûrs de l’horaire et nous convenons qu’il faut être sur le marché à 4 :00am pour être sûrs de notre coup. Pour nous rendre sur les lieux, nous prenons le taxi (les métros ne fonctionnent pas la nuit). Rendez-vous avec le taxi à 3 : 30am, donc lever à 3 :00am. Le taxi nous dépose sur le marché, il est 3 :45, nous avons alors un peu d’avance. Il nous reste à trouver l’endroit où débute la visite. Nous entrons alors sur le marché. La lumière orange et blanche des projecteurs illumine l’activité fourmillante de cet espace. Les Fenwicks et autres chariots chargés ou non de marchandise font des aller-retours incessants, donnant à l’endroit une ambiance effrénée. Nous ne l’avions pas noté auparavant, mais le guide du routard prévient que l’on risque de se faire bousculer si l’on ne prend pas garde. En effet, il faut avoir les yeux partout pour prévenir l’arrivée de ces chariots. Le promeneur est assez malvenu entre ces allées où la circulation va bon train.Attention à ne pas être bousculé!

Trente minutes à  déambuler au hasard dans les allées. Nous avons jeté un coup d’œil sur les étales où l’on coupe à la scie le poisson congelé, sous la halle où sont entreposées les carcasses de poisson congelé ou frais (halle pudiquement cachée par des rideaux de plastique, parfois fermés, parfois ouverts, parfois, on les ferme sur notre passage). Nous sommes mêmes entrés dans un bâtiment à la recherche de l’accueil des touristes, où manifestement, aucun touriste n’est attendu… L’heure du début des visites approchant, il fallut interpeller un des travailleurs avec qui la communication fut bien difficile (notre japonais n’est pas encore rôdé…). Quelques gesticulations plus tard et beaucoup de « arigatoo gozaimass », nous voilà sur la bonne route.

Un petit coupd'oeil vite fait

Arrivés à l’accueil, il était temps, le premier groupe est déjà presque complet, nous enfilons les chasubles jaunes tendus par un des hommes chargé de la sécurité. Il est 4 :45, il nous reste 40 minutes à attendre avant le début de la visite… Gare à ne pas se rendormir ! Heureusement, la distraction ne se fait pas attendre et nous plaignons ceux qui se sont levés un peu trop tard et doivent encore attendre 1h pour faire la seconde visite.

Nous voilà partis pour la visite, le trajet à travers les allées de poissonniers se fait cette fois encadré par nos accompagnateurs, ce qui est un peu plus sécurisant… quoique… Direction la halle que nous avons aperçue tout à l’heure, nous sommes autorisés à entrer cette fois. Nous sommes postés dans une allée dans laquelle nous nous contorsionnons pour voir le spectacle entre deux têtes ou au-dessus de celles-ci pour les plus grands. Nous nous apprêtons à voir la criée pour les thons (Thuna).Thon congeléThon frais

Les poissons sont posés sur des palettes au sol. Leur nageoire caudale a été coupée, laissant visible la chair, d’une teinte allant de rose à rouge vif, apparemment, critère de qualité de la marchandise. Les acheteurs potentiels (uniquement des professionnels) inspectent les lots à la recherche d’une marchandise d’une qualité à la hauteur de leurs espérances. Pour se faire, observer, goûter, discuter, questionner, peut être mesurer, au moins jauger, estimer, voilà ce qui se déroule sous nos yeux.Testons ce Thuna!Goûtons, discutons, comptons...

Tout à coup, le tintement d’une clochette se fait entendre, d’abord lente, puis de plus en plus rapide, nous nous tenons prêts pour la suite. La clochette brandie par un homme debout sur un tabouret s’arrête, les enchères commencent. De façon tout à fait inattendue,  l’homme réalise la vente en chantant. Nous supposons qu’il annonce les lots, les prix en rapports et la montée de l’enchère, en tout cas, tout cela prend la forme d’une mélopée rythmée, en interaction avec le ou les acheteurs intéressés. Lorsque la vente s’arrête (environ 2 minutes), le crieur salue les acheteurs, les poissons vendus sont étiquetés, prêts à être emmenés par leur acquéreur.

Nous avons le temps d’être témoins de deux scènes comme celle-ci au cours des 25 minutes que durent la visite avant d’être à nouveau dirigés vers l’accueil. Nous rendons les chasubles, il est 5 :00, tout comme Paris, Tokyo s’éveille surement, mais Tsukiji est encore effervescent. Toute cette action bien matinale nous a affamé, pourquoi ne pas profiter des succulents sushis proposés par les différents restaurants tout autour du marché ? Ceux-ci sont ouverts, pas d’hésitation, à quatre, nous partageons deux assiettes de sushis, makis et autres mets à base de produits de la mer, bien sûr accompagné  d’une soupe miso et de thé.

Sushi o suki desu!

 

 

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